10/12/2005

Les lieux dits habités

On ne se débarrasse pas des faits en les déclarant irréels». C. G. Jung

Illustration de Nicolas Signat


Il y a des lieux étranges un peu partout dans le monde. Ainsi, certaines maisons abandonnées dans des parcs fermés ont un aspect fané, un peu irréel. Lorsque des enfants s’amusent à jeter des pierres sur les volets de ces demeures, elles ne rebondissent pas, mais au contraire s’enfoncent dans le bois comme dans une matière molle où elles restent parfois bloquées à l’endroit de l’impact.
Exercer une poussée sur les portes de ces maisons procure la désagréable sensation d’entrer dans une matière vivante : le bois n’oppose pas de résistance et garde l’empreinte de la main.
Ce phénomène est en fait naturel, mais il laisse dans la mémoire de ceux qui l’ont rencontré sans être avertis un souvenir inconfortable. Il est l’oeuvre d’un champignon, le serpula lacrymans, qui se nourrit des boiseries par l’intérieur et finit par tout consommer. Un seul champignon -à l’origine minuscule mais aux ramifications innombrables- suffit pour envahir une maison.
Les maisons penchées, plus rares, peuvent procurer un véritable malaise. J’ai passé une nuit dans une maison semblable à Amsterdam -qui en compte plusieurs. Les planchers ayant été depuis longtemps remis à l’horizontale, je ne m’en suis pas porté plus mal. Lorsqu’ils sont eux aussi en pente, l’impression est difficilement supportable. Je connais deux maisons de ce genre en France. La plus petite, très sombre, comporte un escalier étroit et sans rampe qui accentue l’atmosphère de cauchemar.
Mais, aussi fortes qu’elles puissent être ressenties par des personnes sensibles, ces perceptions ne sont rien comparées à celles que l’on peut connaître dans des lieux authentiquement «habités».
Les USA comptent de si nombreux cas qu’en 1980 l’Office Général du Tourisme a publié le premier Guide des Maisons hantées. Chaque nuit, à New York, Chicago, Alamo City, San Antonio, etc. sont organisées des visites de lieux insolites.
Dans ce contexte, la plus célèbre maison d’Amérique du Nord est le manoir Winchester (Californie), dans lequel vécut la veuve du fils du fameux armurier. A la mort de sa propriétaire, cette bâtisse vaguement victorienne comptait cent soixante pièces, mais on estime que plus de sept cents furent successivement bâties et défaites. Cette entreprise de construction titanesque et anarchique dépendait des suggestions que de nombreux et capricieux «esprits» inspiraient à Sarah Winchester. Certaines pièces sont exiguës et les couloirs qui en partent minuscules. Quelques portes s’ouvrent sur des murs, plusieurs escaliers ne mènent nulle part. Mais la maison Winchester (que l’on peut aujourd’hui visiter) n’a en fait jamais été hantée. Le seul être étrange qui ait circulé dans ses innombrables pièces fut sa propriétaire.
Un cas authentique de hantise, situé lui aussi en Californie, dans une fabrique de jouets, présente un contraste inattendu. Les objets destinés à l’amusement des enfants sont en effet, dans leur ensemble, crédités d’une certaine innocence, alors qu’une intention maligne est presque toujours attribuée aux phénomènes de hantise. Comme il fallait s’y attendre, ce sont les jouets les plus innocents qui sont la cible des phénomènes paranormaux. Des objets tombent, se déplacent tout seuls et viennent frapper les employés ; des étagères se salissent et se désorganisent en quelques heures. L’anecdote la plus frappante date de quelques années et concerne une poupée parlante dont le mécanisme était normal, mais qui, dit-on, criait «maman» si l’on fermait sa boîte.
Une sorte de fantômanie s’est développée en quelques années en Occident. Des citoyens du Texas se sont dernièrement opposés à l’abattage d’un bois situé non loin de la ville de Saratoga pour ne pas perdre le caractère original d’une route ombragée et hantée depuis plusieurs décennies par des sphères lumineuses.
Des originaux, convaincus que leur maison est hantée par une présence inconnue, installent des caméras de surveillance de la cave au grenier pour tenter de découvrir la cause de certaines nuisances. Quelques vues peu séduisantes de la maison d’une jeune femme du nom de June Houston sont ainsi visibles en permanence sur l’Internet.
Le mythe du château délabré tenu par des propriétaire excentriques appartient de plus en plus au folklore : je connais une maison hantée située à vingt kilomètres de Paris (Sceaux-les-Chartreux), qui est une grande bâtisse moderne, occupée par une famille saine et lucide.
Malgré tout, de nombreux lieux «habités» correspondent encore au mythe. Pays de traditions, l’Angleterre compte quelques pubs et plusieurs auberges hantées. Les mauvaises langues insinuent que les fantômes font marcher le commerce... Il n’est pas totalement faux de croire qu’une bonne légende attire le touriste. Il y a malgré tout des lieux authentiquement hantés en Angleterre. Il est vrai que le pays a de qui tenir : lors des travaux entrepris au 19ème siècle dans les grandes maisons du sud-ouest, il n’était pas rare de découvrir des restes humains (de sexe féminin pour la plupart) oubliés derrière des faux murs ou dans des pièces cachées. Ces macabres trouvailles étaient aussitôt enterrées au pied d’une pierre sans nom dans le cimetière le plus proche. On découvrit ainsi, lors de la réfection d’un manoir, dans une chambre dont la porte avait été adroitement dissimulée, un lit à baldaquin et tentures contenant les restes d’une jeune femme dont le squelette était couvert de toiles d’araignées...
On dit -puisque nous sommes en Angleterre- que le paquebot Queen Mary est hanté depuis qu’il a été transformé en hôtel. Une silhouette insolite est vue de temps à autre à bord et des bruits de baignade seraient entendus dans la piscine en l’absence de baigneurs.
Les bateaux sont des lieux de hantise exceptionnels puisqu’ils constituent, tout comme le caveau de la famille Chase, des endroits parfaitement clos. J’ai tendance à leur porter crédit, connaissant le degré de sérieux et de rigueur avec lequel les journaux de bord sont tenus, aussi bien dans la marine marchande que sur les bateaux de guerre (1). Les archives du monde entier conservent des livres de bord mentionnant d’innombrables affaires de hantise. Certaines sont bénéfiques, d’autres pas. A ce titre, un sous-marin constitue le huis-clos absolu. On connaît le cas d’un submersible allemand, le UB 65, où pendant près d’un an trente cinq hommes d’équipage et cinq officiers ont été terrorisés par la présence d’un étrange chien noir. Ce sous-marin n’est d’ailleurs pas rentré de son dernier voyage.
J’étais présent sur les sables de Goodwins, au large des côtes du Kent, pour la dernière apparition prévue de la goélette fantôme Lady Luvibund en février 1998. Le bateau n’est malheureusement pas revenu hanter le célèbre cimetière marin. Cette chasse au bateau fantôme un peu puérile m’a physiquement épuisé, mais je ne suis pas mécontent de ma quête, ayant pu constater une chose très intéressante en restant quelques jours de plus sur les côtes du Kent : le Lady Luvibund n’est effectivement pas venu à son dernier rendez-vous, mais personne n’a prétendu l’avoir vu, ni même vaguement aperçu...
Certaines affaires de fantômes ont le privilège de rester fantastiques même lorsqu’elles sont élucidées. Ainsi, vers 1850, une région du Texas fut hantée par un spectre assez épouvantable. De nombreuses personnes se plaignaient en effet d’avoir rencontré un cavalier d’apparence mexicaine qui apparaissait soudainement et qu’on ne pouvait approcher. Il était en loques, montait un cheval noir et n’avait pas de tête. Une équipe de têtes-brûlées s’organisa qui finit par abattre le cheval (le cavalier semblait indifférent aux balles). On découvrit alors que ce fantôme n’était autre qu’un vaquero voleur de chevaux à qui un vétéran de la guerre du Mexique avait réglé son compte. Pour l’exemple, il l’avait décapité et solidement fixé en selle. Le cheval était vite retourné à l’état sauvage avec son sinistre fardeau sur le dos...
Les hantises remontent à l’antiquité. L’un des plus anciens cas connus concerne une villa d’Athènes citée par l’écrivain latin Pline le Jeune.
Toute maison peut paraître étrange aux tempéraments sensibles ; à cause des bruits nocturnes consécutifs aux changements de température, mais aussi parce qu’une grande majorité des bruits diurnes sont occultés par la rumeur des activités humaines.
Certaines personnes habitant des maisons authentiquement hantées ne s’en portent pas mal et n’ont pas envie de quitter les lieux. Tout dépend de la hantise et des habitants. Je connais une famille bien partagée : la mère supporte sans peine les phénomènes, le mari et le fils moins bien ; la fille, qui ne vit plus chez ses parents mais les visite régulièrement, n’accepte plus de passer la nuit dans la maison familiale qui est grande et confortable mais où des bruits de pas s’entendent au grenier et où des lampes s’allument et s’éteignent toutes seules.
Une affaire aujourd’hui oubliée attira l’attention sur une modeste famille belge dans les années soixante-dix. Elle eut pour théâtre la petite ville de Fontaine l'Evêque (près de Charleroi). Chaque soir, au coucher des enfants, des chocs sourds et violents se faisaient entendre dans un mur de leur chambre. Ces coups s’entendant de loin dans la rue, on fit venir des géologues et des ingénieurs qui ne trouvèrent rien d’anormal. La maison fut sondée, puis gardée jour et nuit par la police (qui fit des enregistrements sur bande) mais on ne put jamais donner l’explication de ce désagrément qui sévit plusieurs mois. Le plus étonnant est que les trois enfants n’avaient pas peur de l’esprit frappeur et s’amusaient à lui poser des questions par le biais du système «un coup pour oui, deux coups pour non». La source mystérieuse et bruyante répondait à leurs questions...

Certains faits pourraient être considérés comme des preuves de la réalité des hantises. Par exemple, le procès que viennent d’intenter en Angleterre les nouveaux propriétaires d’un appartement aux précédents qui ne leur avaient pas signalé les phénomènes insupportables qui s’y manifestent. Les affaires de ce genre révèlent souvent des fraudes, mais lors d’un procès semblable qui a eu lieu dans l’état de New York le 18 décembre 1990, la Cour Suprême a condamné les précédents propriétaires pour dissimulation grave et reconnu à cette occasion l’existence de faits anormaux et inexplicables.
Mais la preuve la plus évidente que je connaisse est sans conteste celle-ci : dans la prison de Fresnes (banlieue de Paris) une cellule a été fermée le 21 juin 1984 pour cause de hantise. Lorsque l’on connaît la pénurie d’espace et l’absence de fantaisie des prisons françaises, on peut supposer que cette cellule n’a pas été condamnée sans raison.

En 1846, deux affaires firent grand bruit à Paris ; l’une dans une rue sordide du quartier des Halles, l’autre derrière la célèbre université de la Sorbonne. En avril --c’est le premier cas-- une jeune fille simplette du nom d’Angélique Cottin se fit connaître, bien malgré elle, en renversant tables et chaises et en faisant voler les bibelots sur son passage (le savant François Arago assista à ces fantasmagories).
En novembre, c’est une maison isolée au milieu d’un chantier qui mit les parisiens en émoi. Elle devint chaque nuit pendant vingt jours la cible d’un tireur aussi acharné qu’invisible. Contrairement à la grande majorité des cas de poltergeist, cette bâtisse d’un étage fut bombardée avec des projectiles de grandes dimensions. Parmi les matériaux de construction qui fracassèrent ses boiseries -et jusqu’aux meubles des locataires- on remarqua des moellons. Les poltergeists étant d’ordinaire plus raisonnables, il parut évident aux enquêteurs qu’aucun tireur normalement constitué ne pouvait être l’auteur de cette agression. Comme dans la plupart des cas de poltergeist, personne ne fut blessé. En dehors du poids anormal des projectiles et de l’étonnante précision de leur impact on observa deux caractéristiques particulièrement insolites :

1 - Les projectiles n’étaient visibles que lorsqu’ils arrivaient sur leur cible, comme s’ils naissaient spontanément dans l’atmosphère.

2 - Les morceaux de tuiles plates qui passaient à travers la fente étroite d’un volet semblaient être sélectionnés pour cette cible particulière.

Les parisiens avaient connu, quelques années auparavant, une pluie inexplicable de menue monnaie rue Montesquieu. Lors de ces providentiels «dons du ciel», une seule pièce de poids modeste peut parfois briser une vitre. Ce détail significatif révèle qu’une énergie relativement importante est à certains moments mise en jeu (jeter de loin une petite pièce de monnaie contre une vitre ne la brise pas).
Il arrive que les témoins d’une lapidation se comptent par centaines. Certains d’entre eux, pris au jeu, ajoutent des projectiles à ceux venus de nulle part. Ces objets-là sont les plus dangereux car ils tombent où ça leur chante. On a l’impression bizarre que ceux-là ne sont pas guidés.
Dans de très rares cas, on assiste au départ d’un projectile. Ainsi, un policier, nouveau pensionnaire d’une clinique qui fut bombardée entre mai et septembre 1963 dans le sud de la France, vit distinctement un caillou partir du carreau brisé d’une fenêtre de l’établissement. La chambre désignée se trouvant dans un bâtiment désaffecté on s’y précipita, persuadés de tenir enfin un coupable. Mais cette pièce était vide et sa porte fermée à clé. Ce qui, bien sûr, ajouta encore au malaise.
Certains détails semblent apporter la preuve de la nature anormale de ces phénomènes :
1 - Les projectiles semblent dans certains cas tomber au ralenti (en tout cas moins vite que la chute normale d’un objet).
2 - Des cris ou des protestations peuvent suspendre le bombardement pendant un temps assez long (des farceurs ordinaires n’en tiendraient sûrement pas compte).
Le lien entre phénomène ovni et hantises me semble évident : des anomalies atmosphériques typiques ont accompagné certains cas de hantise et inversement des pierres sont tombées pendant des observations d’ovni.
Les manifestations des hantises sont quelques fois effrayantes : par exemple du sang humain suinte des murs (un constat a été établi par la gendarmerie française).
Elles peuvent atteindre les plus hauts degrés du fantastique : des témoins ont affirmé avoir vu des objets passer à travers des portes fermées.
Une ferme algérienne rattachée au village de Oullen-Sidi Bard a été -est peut-être encore- le lieu d’une hantise particulièrement insolite. Il s’agit d’une grande et belle ferme de type colonial entourée par 150 hectares de terres cultivables et qui appartient depuis longtemps à la famille M (2). Une entité fantomatique y a pris pendant plusieurs décennies, de jour comme de nuit, diverses apparences étrangement réalistes. Elle imita à la perfection plusieurs femmes de la famille. Lorsque la femme imitée mourrait, une autre était simulée. Des bébés, des chiens et des chats n’appartenant pas à la ferme y furent également vus. La femme contrefaite était la plupart du temps endormie lorsque son double apparaissait. Cette femme virtuelle adressait la parole aux personnes normales et n’était discernable qu’à son comportement absurde, par exemple elle renversait le café dans le feu au moment de le servir (3) .
Le point névralgique de la hantise était une grange où les phénomènes semblaient prendre leur source.
Au début des années cinquante, les fils de la maison, Abdelhamid et Mohamed el Hedi, tous deux militaires de carrière, décidèrent de tenter une action armée contre ce phénomène perturbateur. Ils n’attendirent pas longtemps. Deux jours après leur décision, l’occasion se présenta : on entendait des pleurs de jeunes enfants derrière la porte de la grange. Le fils aîné, décidé à en découdre, fit glisser en grand la porte et entra. Plusieurs bébés inconnus gisaient sur le dos, criant et pleurant. Surpris par ce spectacle inattendu, il sortit, décontenancé : «Je ne peux pas tirer sur des bébés !»
Le cadet entra en action à son tour, pistolet à la main, sûr de lui : «Moi je vais tirer !»
A peine eut-il mis un pied dans la grange qu’un gros chat noir -inconnu à la ferme- lui sauta au visage et le griffa durement. Le jeune homme battit en retraite en tirant au hasard... Ses yeux ne furent pas blessés ; détail qui a son importance : je ne connais pas d’exemple d’entités fantomatiques ayant exercé une violence physique grave contre un être humain. Cette constatation est très troublante : elle suppose l’idée d’une éthique.

Jusqu’à sa mort à l’âge de quatre-vingt quatre ans, le grand-père fit quotidiennement le tour du domaine à cheval en récitant à haute voix des versets du Coran. Cette attitude pieuse n’eut pas de succès, comme demeurèrent sans effet les exorcismes effectués en respectant les procédures des trois principales religions du Maghreb.
En 1969, Ouarda M, de laquelle je tiens ces informations (ainsi que de sa mère), est revenue sur les lieux de son enfance. Elle était alors âgée de vingt-deux ans. La nuit venue, elle s’endormit sans difficulté. Mais, à deux heures du matin, un cliquetis de machine à écrire se fit entendre qui dura jusqu’à 4 heures. Tous les membres de la famille se levèrent et se réunirent dans un salon. On tenta de tranquilliser Ouarda : il n’y a avait pas de machine à écrire dans la ferme, il n’y en avait jamais eu. Mais la jeune-femme ne fut pas rassurée pour autant : elle exerçait la profession de dactylo et se demandait si son tour n’était pas arrivé d’être contrefaite. Elle écourta son passage à la ferme.
Ouarda m’a également signalé des pluies de cailloux à l’intérieur de certaines pièces.
A la même époque, à 125 kilomètres de là, une villa construite par les Français à Bône - au lieu dit «l’Usine à gaz»- reçut pendant plusieurs mois des pierres si grosses qu’on dut se résoudre à la raser.

Pas plus que les neurasthénies alcooliques n’expliquent les combustions spontanées, les tourments de l’adolescence et autres conflits psychologiques ne semblent être la source des phénomènes de hantise. La présence d’un jeune garçon ou d’une jeune fille n’est à mes yeux qu’un prétexte favorable à une meilleur théâtralité. Les phénomènes peuvent se passer d’eux mais leur personnalité trouble pimente le jeu. Ils ont tout au plus un rôle de catalyseur.
Je suis par ailleurs convaincu que les prodiges paranormaux ont, dans leur ensemble, besoin des hommes : ils n’existent que pour nous. Nous en sommes les spectateurs privilégiés.

(1) Malheureusement moins bien tenus de nos jours que par le passé.

(2) Deux membres de la famille m’ont autorisé à préciser leur patronyme. J’ai malgré tout estimé plus prudent de n’en donner que l’initiale : la ferme appartient encore de nos jours à la famille M.

(3) Il faut lire «virtuelle» entre guillemet puisque ces contrefaçons humaines ou animales pouvaient exercer une action physique sur les êtres et sur les choses.


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